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Stretching

Chez l’enfant et l’adolescent

Tu trouveras dans cet article un tableau et les explications pour te faire comprendre l’importance des étirements. Le sujet s’adresse à des enfants et des adolescents footballeurs mais s’applique à tous les jeunes sportifs ou non sportif (surtout au moment de la puberté). Tu dois pratiquer le stretching quotidiennement pour qu’il soit éfficace même les jours où tu n’as pas entraînement! Ainsi tu pourras éviter certaines blessures et une mise à l’écart de l’équipe et des terrains.

Intérêts et limites des étirements chez l'enfant et l'adolescent

footballeur

Introduction

La mode récente du stretching a permis de révéler l'importance des étirements que, pour notre

part, nous préconisons et pratiquons depuis plus de 10 ans. Responsable médical des 400

licenciés du Club Professionnel de la Ville de Lyon, depuis 1977, nous avons pu acquérir une

certaine expérience en la matière.

Nous développerons dans ces quelques lignes l'intérêt et les limites de cette technique chez nos jeunes footballeurs de 6 à 18 ans.

Intérêts des étirements

Leur principal intérêt est préventif. En effet, le morphotype du joueur de football et la croissance de l'appareil locomoteur peuvent entraîner un certain nombre d'états pathologiques. LE MORPHOTYPE La pratique spécifique exclusive d'un sport tel que le football a tendance à amplifier certains aspects du morphotype. Celui du footballeur est bien connu: - quadriceps puissants et « courts » entraînant : 1) une fixation en antéversion du bassin; 2) un tiraillement des zones d'insertion : épines iliaques et tubérosité tibiale antérieure (arrachements possibles) ; 3) ischio-jambiers « sous tension » entraînant un flexum du genou et un malmenage de la tubérosité ischiatique, 4) hyperlordose lombaire avec sacrum horizontalisé imposant des forces importantes aux dernières vertèbres lombaires (spondylolyse, discopathie) et à la paroi abdominale (pubalgie par dilacération progressive) ; 5) limitation progressive de l'abduction et de la rotation interne des hanches entraînant un déséquilibre de toute la chaîne articulaire et musculaire. LA CROISSANCE Le déséquilibrê dû à la croissance va encore amplifier les risques de décompensation pathologique. La croissance en longueur des fûts osseux précède toujours l'allongement musculaire, expliquant la raideur relative des adolescents. L'indice de Sheldon pratiqué sur une population de jeunes footballeurs montre une certaine stabilité, sauf pour les U13 où la valeur de l'indice s'élève. Cette catégorie correspond au pic de croissance pubertaire. Les U13 sont plus grands que lourds : la croissance s'effectue en hauteur sans que la masse musculaire suive en proportion. Nous retrouvons l'image classique de l'adolescent: grand échalas peu musclé avec tendance à la cyphose ! A partir des U15 et notamment en U16 la diminution de l'indice de Sheldon correspond à l'augmentation de puissance par prise de poids relative. Les catégories U15 et U16 illustrent bien les disparités staturo-pondérales de la puberté. Peyras 1988 a également montré dans son travail que le pic de croissance correspondait surtout à une augmentation de longueur de membres inférieurs (la taille augmente relativement plus vite que la taille assise). La cuisse et le segment jambier s'allongent en alternance. (schéma 2, ci-contre). La période de croissance entraîne un déséquilibre constant tant au niveau musculaire: muscle plus court que le fût osseux, augmentation de la force musculaire fragilisant un peu plus la zone d'insertion, qu'au niveau articulaire : modifications continues des bras de levier et bien sûr au niveau du schéma corporel (modifications anatomiques et biologiques). Le morphotype et le déséquilibre pubertaire tendent à « fragiliser » l'adolescent de 12 à 16 ans. - au mveau musculaire (contracture, élongation), - au niveau des zones d'insertion tendinopériostées: TT A, épine iliaque, tubérosité ischiatique, symphyse pubienne (ostéochondroses et arrachements possibles), - au niveau du rachis thoraco-lombaire. TECHNIQUE DES ÉTIREMENTS La lutte contre la décompensation du morphotype et contre le déséquilibre de la croissance doit commencer dès le plus jeune âge sous forme d'initiation, en football, à partir de 6 ans. Les étirements seront posturaux, sans temps de ressort maintenus de 30' à 1 mm et toucheront les principaux groupes musculaires et le rachis (étirement en antéflexion). Ils seront effectués avec placement du bassin en lordose corrigée. Des composantes de rotation seront introduites au niveau des muscles pelvitrochantériens dont l'importance est capitale en football. Ces étirements doivent faire partie intégrante de l'entraînement quelque soit l'âge.  À partir de 12 ans, le renforcement qualitatif et quantitatif devient obligatoire avec la poussée de croissance et les problèmes qu'elle entraîne. Autant que possible, le programme d'éducation musculaire sera adapté à chaque individu après un Bilan Orthopédique et de Croissance: BOC ©KINE+. Ce programme peut être standardisé en fonction de la pathologie propre à chaque âge : - Catégories U12-U13: Problème thoraco-lombaire + + Osgood + - Catégories U14-U15: Osgood + Problème lombaire + Épine iliaque + + tubérosité ischiatique + problème musculaire + - Catégories U16-U17-U18: adducteurs + + « symphysite » pubienne + + problème lombaire + problème musculaire + + EFFICACITÉ Musculairement, l'introduction des étirements a permis : - une diminution spectaculaire des accidents musculaires: 40 %, - une protection des tendons (disparition pratiquement complète des tendinites en football), - une prévention et un contrôle médical plus efficace des ostéochondroses (moins d'arrachements), - une protection du rachis, - une amélioration spectaculaire de la récupération musculaire (moins de douleur 48 heures après un match intense). Pour notre part, nous préconisons le stretching avec les cycles contraction isométrique, relâcher, étirement pour l'échauffement et les étirements posturaux pour la récupération. LIMITES DES ÉTIREMENTS Si les étirements préviennent certaines décompensations, il est illusoire d'espérer modifier un morphotype. Les différentes techniques permettent au sujet de contrôler ce morphotype, en aucun cas, de le modifier tant au plan frontal et sagittal qu'au niveau rotation axiale. L'éducation musculaire doit commencer dès le plus jeune âge et se poursuivre systématiquement pendant toute la carrière sportive et au-delà, en s'améliorant progressivement en qualité et en quantité (cinq minutes de pratique quotidienne semble indispensable). Les sportifs et leur entourage: parents et surtout éducateurs doivent être informés et motivés. Les étirements représentent une contrainte et sont souvent mal vécus en sport collectif, le tempérament latin s'accommodant mal de l'absence de jeu! Les étirements doivent être de qualité pour une efficacité valable. Un personnel compétent (para-médical de préférence) formé par des stages devrait les enseigner aux sportifs (Préparation Athlétique des Jeunes Sportifs: PAJS). La plupart des clubs manquent de structure médicale et d'éducateurs compétents, et la bonne volonté ne suffit pas. La pratique des étirements exige des corrections permanentes des postures, de la part de l'éducateur. Des groupes de 5 à 6 sportifs paraissent idéaux, en fait, 15 à 20 personnes représentent la réalité, peu de corrections valables peuvent être effectuées dans ces conditions! Les techniques d'étirements, dans l'état actuel des choses doivent rester simples, de types analytique avec quelques composantes de rotation. Les techniques en « chaîne musculaire » sont très séduisantes mais irréalisables actuellement. Il reste un travail important d'information et d'éducation! Cette page a été réalisée avec les références suivantes:  J.-M. FERRET, R. MATHIEU, R. VIDEMANN, M. SEILLER Centre Médico-Sportif de Lyon - 3, rue L.-Broussas, F69007 Lyon.

KINE+ : Rééducation mais aussi Prévention…

Indice de Sheldon

Bilan Orthopédique et de

Croissance : BOC © KINE+

Préparation Athlétique

des Jeunes Sportifs :

PAJS © KINE+

Maladie d’Osgood Schlatter

Pubalgie

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Stretching

Chez l’enfant et l’adolescent

Tu trouveras dans cet article un tableau et les explications pour te faire comprendre l’importance des étirements. Le sujet s’adresse à des enfants et des adolescents footballeurs mais s’applique à tous les jeunes sportifs ou non sportif (surtout au moment de la puberté). Tu dois pratiquer le stretching quotidiennement pour qu’il soit éfficace même les jours où tu n’as pas entraînement! Ainsi tu pourras éviter certaines blessures et une mise à l’écart de l’équipe et des terrains.

Intérêts et limites des étirements

chez l'enfant et l'adolescent

footballeur

Introduction

La mode récente du stretching a permis de révéler l'importance des

étirements que, pour notre part, nous préconisons et pratiquons depuis

plus de 10 ans. Responsable médical des 400 licenciés du Club

Professionnel de la Ville de Lyon, depuis 1977, nous avons pu acquérir

une certaine expérience en la matière.

Nous développerons dans ces quelques lignes l'intérêt et les limites de cette technique chez nos jeunes footballeurs de 6 à 18 ans.

Intérêts des étirements

Leur principal intérêt est préventif. En effet, le morphotype du joueur de football et la croissance de l'appareil locomoteur peuvent entraîner un certain nombre d'états pathologiques. LE MORPHOTYPE La pratique spécifique exclusive d'un sport tel que le football a tendance à amplifier certains aspects du morphotype. Celui du footballeur est bien connu: - quadriceps puissants et « courts » entraînant : 1) une fixation en antéversion du bassin; 2) un tiraillement des zones d'insertion : épines iliaques et tubérosité tibiale antérieure (arrachements possibles) ; 3) ischio-jambiers « sous tension » entraînant un flexum du genou et un malmenage de la tubérosité ischiatique, 4) hyperlordose lombaire avec sacrum horizontalisé imposant des forces importantes aux dernières vertèbres lombaires (spondylolyse, discopathie) et à la paroi abdominale (pubalgie par dilacération progressive) ; 5) limitation progressive de l'abduction et de la rotation interne des hanches entraînant un déséquilibre de toute la chaîne articulaire et musculaire. LA CROISSANCE Le déséquilibrê dû à la croissance va encore amplifier les risques de décompensation pathologique. La croissance en longueur des fûts osseux précède toujours l'allongement musculaire, expliquant la raideur relative des adolescents. L'indice de Sheldon pratiqué sur une population de jeunes footballeurs montre une certaine stabilité, sauf pour les U13 où la valeur de l'indice s'élève. Cette catégorie correspond au pic de croissance pubertaire. Les U13 sont plus grands que lourds : la croissance s'effectue en hauteur sans que la masse musculaire suive en proportion. Nous retrouvons l'image classique de l'adolescent: grand échalas peu musclé avec tendance à la cyphose ! A partir des U15 et notamment en U16 la diminution de l'indice de Sheldon correspond à l'augmentation de puissance par prise de poids relative. Les catégories U15 et U16 illustrent bien les disparités staturo-pondérales de la puberté. Peyras 1988 a également montré dans son travail que le pic de croissance correspondait surtout à une augmentation de longueur de membres inférieurs (la taille augmente relativement plus vite que la taille assise). La cuisse et le segment jambier s'allongent en alternance. (schéma 2, ci-contre). La période de croissance entraîne un déséquilibre constant tant au niveau musculaire: muscle plus court que le fût osseux, augmentation de la force musculaire fragilisant un peu plus la zone d'insertion, qu'au niveau articulaire : modifications continues des bras de levier et bien sûr au niveau du schéma corporel (modifications anatomiques et biologiques). Le morphotype et le déséquilibre pubertaire tendent à « fragiliser » l'adolescent de 12 à 16 ans. - au mveau musculaire (contracture, élongation), - au niveau des zones d'insertion tendinopériostées: TT A, épine iliaque, tubérosité ischiatique, symphyse pubienne (ostéochondroses et arrachements possibles), - au niveau du rachis thoraco-lombaire. TECHNIQUE DES ÉTIREMENTS La lutte contre la décompensation du morphotype et contre le déséquilibre de la croissance doit commencer dès le plus jeune âge sous forme d'initiation, en football, à partir de 6 ans. Les étirements seront posturaux, sans temps de ressort maintenus de 30' à 1 mm et toucheront les principaux groupes musculaires et le rachis (étirement en antéflexion). Ils seront effectués avec placement du bassin en lordose corrigée. Des composantes de rotation seront introduites au niveau des muscles pelvitrochantériens dont l'importance est capitale en football. Ces étirements doivent faire partie intégrante de l'entraînement quelque soit l'âge.  À partir de 12 ans, le renforcement qualitatif et quantitatif devient obligatoire avec la poussée de croissance et les problèmes qu'elle entraîne. Autant que possible, le programme d'éducation musculaire sera adapté à chaque individu après un Bilan Orthopédique et de Croissance: BOC ©KINE+. Ce programme peut être standardisé en fonction de la pathologie propre à chaque âge : - Catégories U12-U13: Problème thoraco-lombaire + + Osgood + - Catégories U14-U15: Osgood + Problème lombaire + Épine iliaque + + tubérosité ischiatique + problème musculaire + - Catégories U16-U17-U18: adducteurs + + « symphysite » pubienne + + problème lombaire + problème musculaire + + EFFICACITÉ Musculairement, l'introduction des étirements a permis : - une diminution spectaculaire des accidents musculaires: 40 %, - une protection des tendons (disparition pratiquement complète des tendinites en football), - une prévention et un contrôle médical plus efficace des ostéochondroses (moins d'arrachements), - une protection du rachis, - une amélioration spectaculaire de la récupération musculaire (moins de douleur 48 heures après un match intense). Pour notre part, nous préconisons le stretching avec les cycles contraction isométrique, relâcher, étirement pour l'échauffement et les étirements posturaux pour la récupération. LIMITES DES ÉTIREMENTS Si les étirements préviennent certaines décompensations, il est illusoire d'espérer modifier un morphotype. Les différentes techniques permettent au sujet de contrôler ce morphotype, en aucun cas, de le modifier tant au plan frontal et sagittal qu'au niveau rotation axiale. L'éducation musculaire doit commencer dès le plus jeune âge et se poursuivre systématiquement pendant toute la carrière sportive et au-delà, en s'améliorant progressivement en qualité et en quantité (cinq minutes de pratique quotidienne semble indispensable). Les sportifs et leur entourage: parents et surtout éducateurs doivent être informés et motivés. Les étirements représentent une contrainte et sont souvent mal vécus en sport collectif, le tempérament latin s'accommodant mal de l'absence de jeu! Les étirements doivent être de qualité pour une efficacité valable. Un personnel compétent (para-médical de préférence) formé par des stages devrait les enseigner aux sportifs (Préparation Athlétique des Jeunes Sportifs: PAJS). La plupart des clubs manquent de structure médicale et d'éducateurs compétents, et la bonne volonté ne suffit pas. La pratique des étirements exige des corrections permanentes des postures, de la part de l'éducateur. Des groupes de 5 à 6 sportifs paraissent idéaux, en fait, 15 à 20 personnes représentent la réalité, peu de corrections valables peuvent être effectuées dans ces conditions! Les techniques d'étirements, dans l'état actuel des choses doivent rester simples, de types analytique avec quelques composantes de rotation. Les techniques en « chaîne musculaire » sont très séduisantes mais irréalisables actuellement. Il reste un travail important d'information et d'éducation! Cette page a été réalisée avec les références suivantes:  J.-M. FERRET, R. MATHIEU, R. VIDEMANN, M. SEILLER Centre Médico-Sportif de Lyon - 3, rue L.-Broussas, F69007 Lyon.
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